MESSIEURS LES REPRESENTANTS DU PEUPLE,

MESSIEURS LES REPRESENTANTS DE L’ETAT,

Il est 19 h 45 ce samedi 2 septembre 2017, le JT de FR3 se conclut par un reportage sur la pêche du saumon sur le gave d’Oloron à Masseys, agrémenté d’images d’archives et bien entendu, rien sur le pillage organisé dans l’estuaire par les filets professionnels ! On pleure et on déprime de voir ce qui fut et ce qui n’est plus, la splendeur du gave disparue et la misère d’aujourd’hui.

On ne vous apprend rien. Vous savez tout cela et plus encore. Les gaves, les nives, l’Adour et ses affluents se meurent. Le plus beau réseau hydrologique d’Europe est gravement pollué et ses ressources piscicoles sont pillées. Les vallées du piémont pyrénéen redeviennent des « terras incognitas », désertées par leurs habitants, sans travail pour les jeunes, sans perspectives. L’habitat y est bradé et n’intéresse plus personne, d’autant que les services de proximité disparaissent.

Les prédateurs de tout poil, se précipitent dans ces terres indigènes. On détruit les plus belles terres agricoles, on défonce le réseau routier par une noria de camions hors de proportion, asphyxiant et entravant le développement des communes limitrophes qui supportent cette nuisance. Les produits phytosanitaires autorisés ou pas (lindane, atrazine ; Roundup et autres) sont déversés dans de telles quantités que les eaux de surface et les nappes phréatiques sont empoisonnées. Nous pouvons voir chaque année, des saisonniers agricoles, pour la plupart dans le plus grand dénuement, campant dans des abris de fortune, se baigner et se laver en famille, enfants compris, dans cette soupe chimique délétère.

Les contrevenants qui pêchent illégalement depuis des décennies dans le port de Bayonne et dans l’océan, dans l’Adour et les Gaves réunis, pillent et trafiquent les poissons migrateurs : pibales, saumons, aloses, lamproies. Ils le font en toute impunité et sans aucun contrôle. Curieusement les routes de leurs exactions, côtoient et tutoient celles de la cocaïne et du cannabis.

A contrario, des centaines de gendarmes se déplacent pour mettre au pas des paysans éduqués et savants, éleveurs de canards de souche locale, producteurs de maïs roux pour la ménagère et les chefs étoilés, hommes intègres, non-violents, respectueux de l’environnement et protecteurs de ce qui reste d’un savoir-faire ancestral.

Des amis africains, pêcheurs sportifs, résument avec précision, humour et talent la situation de nos vallées. « Vous vivez et subissez comme nous l’avons subi et dans une moindre mesure continuons à subir, une colonisation pour vous intérieure, où se liguent des intérêts opportunistes à fort ancrage local pour une exploitation mercantile des ressources y compris et d’abord financières (ex : gravière Daniel et pont de Castagnède).

Pendant ce temps, sur la côte on danse, on surfe et on nage dans les étrons en feignant de les ignorer, les saumons sauvages sont pillés de manière industrielle et se vendent au prix du cabillaud à des bobos qui mangent bio. Les pibales de l’Adour, dans les bassins de grossissement des Flandres, d’Allemagne, du Maroc, de la Chine, etc. enrichissent les parrains qui dominent ce marché au détriment de nos propres intérêts. Les enfants du pays de plus en plus pauvres, désœuvrés, assistés ou abonnés au travail précaire, vivent chez leurs parents ou dorment dans des caravanes et sont dans l’impossibilité de se loger y compris à des prix la plupart du temps indécents.

Pensez-vous que cette situation soit appelée à durer ?