Commentaire :

La Guerre du Saumon est relancée !

L’article, pages 2 et 3 de la République des Pyrénées (ci-dessus) en date du vendredi 24 juillet 2020, donne largement et complaisamment la parole aux putschistes du port de Bayonne et nous réserve suite à notre point presse devant la préfecture de PAU de la veille, un encart en forme de portion congrue.

Pour autant et par devers les protagonistes, il est remarquable au plan journalistique et informatif.

Que nous dit cet article de ce mauvais feuilleton, digne d’une république bananière. Citons pêle-mêle :

  • ” Les préfets ont toujours dit qu’ils suivraient la décision de la région” Serge Larzabal,
  • ” Selon le COGEPOMI , le saumon est géré de façon convenable” Serge Larzabal,
  • La ressource est considérée en bon état …. l’état des stocks n’est pas alarmant” Serge Larzabal,
  • ” Nous attendons que le COGEPOMI impose au moins certaines restrictions (quota, saison raccourcie) André Dartau,
  • “Nous demandons à la SEPANSO et à SALMO TIERRA de nous laisser travailler” André Dartau,
  • ” Il fallait laisser passer les élections” – ” nous sommes des victimes collatérales de la guerre du saumon” Pierre Stephan.

      et caetera ….

Que nous dit Pierre STEPHAN, vice-président de l’APPA Anglet :

“Concernant la réouverture de la pêche de plaisance dans le port de Bayonne, nous sommes en négociation avec l’administration. Le président de région vient de signer le nouveau règlement portuaire qui n’interdit plus la pêche dans le port et nous attendons les signatures des Préfets (40 et 64).”

Que faut-il en penser ?

  • Des administrations sous autorité préfectorale, ont négocié sournoisement et en catimini avec les braconniers. Elles l’ont fait sciemment, dans la toute puissance, avec un sentiment d’impunité et dans le déni de décisions de justice qui leurs avaient rappelé le droit et l’intérêt public. Elles cèdent le pas et ce n’est pas nouveau, à des intérêts privés dont elles sont parties prenantes depuis des décennies et orientent sous couvert d’expertise les décisions des préfets qui par fonction ne font que passer.
  • Le Conseil Régional n’a pas eu son mot à dire sur la décision de son Président Alain Rousset. La région Nouvelle-Aquitaine est la victime d’une gouvernance défaillante et partisane. Nous avons un président affaibli, au raisonnement spécieux et défaillant, qui n’a pas de parole, manque à ses engagements et réactive un conflit d’un demi-siècle en passe d’être résolu,
  • Concernant la FD64André Dartau qui n’a eu de cesse de torpiller notre combat pour libérer le port, est devenu de sa propre initiative, sans concertation et sans mandat, l’interlocuteur du président de région, sa caution et aussi sa marionnette.
  • Ce n’est pas faire injure à Serge Larzabal, président du comité Interdépartemental des pêches maritimes et des élevages marins ( 64 et 40 ), que de dire concernant la ressource, qu’ il dit n’importe quoi !
  • Le COGEPOMI n’a aucune indépendance et si André Dartau, totalement compromis avec le président de région fait semblant de croire le contraire, il faut se souvenir de ses réactions pour le moins courroucées et vindicatives au sortir des réunions de cet organisme CQFD !

Allons à l’essentiel !

Qui bénéficie réellement de l’ouverture de la pêche dans le port de Bayonne ?

  • Les plaisanciers ! La marine de plaisance aime le sanctuaire marin du port, c’est moins dangereux que le grand large et c’est la pêche miraculeuse quasiment assurée à chaque marée. Ils ne peuvent pas admettre la création d’une réserve pour des espèces marines surpêchées !

Dans un souci d’égalité et de parallélisme des formes avec la pêche en eau douce, nous proposons :

  • la fin de la pêche gratuite en zone maritime, (100€ pour la pêche à pied, 1000 € pour la pêche embarquée),

  • des périodes de fermetures spécifiques selon les espèces,

  • la limitation des techniques de pêche et la création de zones de gratiation en limite de rivage,

  • des réserves de pêche sanctuarisées.

Quant aux Préfets, dont il est dit qu’ils sont aux ordres du Président de Région et sous l’influence de leurs administrations, revenons sur leur Requête en interprétation du jugement du TA de PAU en date du 25 juin 2019.

Elle n’a d’autre motivation que de céder en y mettant les formes aux sollicitations du Président Rousset pour rouvrir la pêche dans le port de Bayonne.

Ils ont la volonté de remettre en cause l’autorité de la chose jugée. Ce faisant ils jouent les boutefeux. c’est pour des préfets au fait de leurs missions, de très mauvaise politique.

Quant aux pêcheurs professionnels, conscients de la précarité de leur avenir professionnel dans un monde qui va changer, nous les invitons à quitter l’Adour et son estuaire.

L’instabilité juridique autour de la pêche dans le port de Bayonne, les préconisations européennes, le combat des associations au niveau national pour une interdiction de la vente des saumons sauvages et plus généralement des espèces amphihalines sont autant d’indications pour négocier une reconversion (que nous soutenons).

Le positionnement de Serge Larzabal sous une apparence de soutienprocède de la défense de son propre intérêt à ne pas voir de nouveaux concurrents sur son territoire marin.

Un scandale politique : on est en passe de sacrifier le développement économique, humain, écologique de vallées entières, pour satisfaire quelques intérêts ligués, solidarités financières subventionnées sur fonds publics, (ou d’autres clandestines) et complaisances administratives liant les différents acteurs et organismes de protection autoproclamés.

La préservation de l’environnement et sa restauration imposent loin de l’écologie de salon qu’aime tant la vieille politique, d’être au plus près du terrain. L’eau et sa biodiversité sont des enjeux majeurs. L’état calamiteux des populations de poissons en rivière et dans l’océan, devrait interpeller les pouvoirs publics.

Il est vrai que le département du 64, apparait à beaucoup de plus en plus comme une colonie intérieure avec son lot de passe-droits, de petits et grands arrangements avec la loi et de destruction environnementale (agriculture industrielle dévastatrice en terme d’environnement, de pollutions et de santé, carrières, surpêche, trafics en tous genres, etc … )