LE POINT SUR LES ACTIONS PASSÉES ET A VENIR DU NASF (NORTH ATLANTIC SALMON FUND (Fondation pour le Saumon de l’Atlantique Nord).

Dans la dernière lettre de l’AIDSA, sous la plume de monsieur Marc Adrien Marcellier (secrétaire général adjoint de l’AIDSA et représentant du NASF pour la France), on apprend que l’année dernière l’action du NASF visant à mettre fin aux pêcheries norvégiennes d’interception des saumons russes fut essentielle. Lors d’une rencontre à Moscou, les officiels russes ont même paraît-il, proposé que leur gouvernement et le NASF co-organisent une conférence internationale en 2017 pour aborder ces questions. On apprend également l’existence de partenariats NASF/Royaume Uni, NASF/Scandinavie et NASF/Amérique du Nord, pour aborder de nombreux sujets au programme de cette conférence.

En janvier 2017 toujours sous l’égide du NASF, devrait être annoncé la prolongation de l’accord avec les palangriers féringiens. Nous apprenons également que depuis 1989, le Fonds œuvre sans relâche avec l’ASF (Atlantic Salmon Federation) pour trouver des solutions de préservation des zones d’engraissement de la côte ouest du Groenland.

A Edimbourg, le NASF a rencontré l’année dernière le ministre écossais de l’Environnement, pour mettre fin aux pêcheries commerciales le long des côtes écossaises, notamment avec une importante levée de fonds pour un programme de rachat.

En Islande le NASF se bat contre des projets d’installation de fermes marines dans les régions des Fjords de l’Est et de l’Ouest.

Dans l’Etat du Maine aux USA le NASF apporte son expertise, pour la restauration des remontées de saumons sur plusieurs rivières.

Dans le sud de l’Angleterre, le NASF et ses partenaires continuent les campagnes de rachat des dernières pêcheries côtières professionnelles.

En Allemagne, aux Pays-Bas et tout récemment au Luxembourg, le NASF a créé des partenariats visant à favoriser la sauvegarde et la restauration des saumons atlantiques sauvages.

Tout cela est bel et bon, tant il est vrai que du Québec et des provinces maritimes canadiennes, en passant par l’Islande, les îles Féroë, l’Irlande, l’Ecosse et l’Angleterre, pour arriver sur les côtes russes, norvégiennes, hollandaises et allemandes, les derniers stocks de saumons sauvages sont d’une façon ou d’une autre, menacés de déclin. Mais comment se fait-il alors, que le NASF tout international qu’il est, ne se préoccupe pas de l’avenir des stocks de saumons sauvages français et plus particulièrement de ceux du bassin de l’Adour et des gaves réunis ? Le Béarn et le Pays Basque n’appartiendraient-ils pas à l’Atlantique Nord ? En tous cas, force est de constater que les bassins versants de ces deux régions ainsi que les salmonidés migrateurs qui les remontent, sont singulièrement absents des préoccupations et de l’attention du NASF.

Monsieur Marc Adrien Marcellier représentant du NASF pour la France et secrétaire général adjoint de l’AIDSA, devrait pourtant être bien placé pour savoir que notre pays est le dernier et le seul, dans le monde du saumon atlantique, à autoriser la pêche de saumons sauvages (qui plus est aux filets dérivants), dans un estuaire et même en eau douce pour les gaves réunis.

Avant de s’occuper de quotas et de rachats de droits de pêche professionnels du Groenland à la Russie, en passant par les îles Féroé, l’Ecosse, l’Irlande, l’Angleterre et la Norvège, ce qui représente des centaines sinon des milliers de marins pêcheurs à dédommager, nous aimerions que monsieur Marc Adrien Marcellier se préoccupe avec le NASF, du projet, beaucoup plus modeste, de rachat de la petite demi douzaine de pêcheurs estuariens (réellement en activité) sur l’Adour et de la dizaine de pêcheurs fluviaux sur les Gaves réunis.

Il est vrai que nul n’est paraît-il prophète en son pays, ou alors, que monsieur Marcellier qui a la chance de pouvoir pêcher tous les ans, le saumon en Islande, se moque comme d’une guigne, de défendre les derniers saumons sauvages du gave d’Oloron ainsi que leur pêche publique et sportive…

Pierre AFFRE

11 janvier 2017