COMPTE-RENDU DE L’ASSEMBLEE GENERALE DU 25 MARS 2017

Remerciements du Président, Antoine Domenech, envers tous les présents, adhérents, sympathisants, généreux donateurs et partenaires, fédérations, associations, et à tous ceux qui par leur action déterminée et par leur engagement poursuivent les mêmes objectifs.

Remerciements à Mr Jean Labour, maire de Sauveterre-de-Béarn où l’ association est domiciliée, pour son aide et sa disponibilité.

Mr Baucou, maire de Navarrenx, cité emblématique du Saumon des Gaves, qui est à l’AG des plus beaux villages de France à Gordes (Vaucluse) ainsi que Mr Stépfane Bonnefon de l’Agence de l’Eau Adour – Garonne ne peuvent être présents parmi nous.

RAPPORT MORAL 2016

L’association SALMO TIERRA – SALVA TIERRA, a été déclarée d’intérêt général au titre de la défense de l’environnement, au Journal Officiel, le 17 Octobre 2015 N°0042, avec pour objectifs :

  • Restaurer la totale libre circulation des poissons migrateurs et obtenir la fin de la pêche aux filets dérivants dans le bassin versant de l’Adour et sur l’ensemble des bassins versants de la façade atlantique,

  • Protéger, restaurer et reconquérir l’environnement très dégradé du bassin versant de l’Adour et ce pour une qualité de l’eau et une vie aquatique optimale.

Cette création faisait suite à plusieurs constats :

Depuis trente ans la situation de nos rivières ne fait qu’empirer. La ressource en migrateurs et plus particulièrement en saumons ne cesse de se dégrader. En 2016, environ 1000 permis de pêche au saumon ont été délivrés, moins de 400 prises ont été déclarées et au regard des déclarations se sont moins de 300 pêcheurs qui ont utilisé leur bracelet au moins une fois. Ceci est à mettre en perspective avec les jours où la pêche au saumon est autorisée : autour de 110 jours ouvrables, pour une moyenne de 3 poissons par jour au total des pêcheurs.

Quel développement économique peut-on espérer de cette situation ?

L’économie de la vallée du gave d’Oloron est dans son cours moyen à l’agonie. Son salut réside dans le développement de la pêche sportive. La restauration des stocks de saumons mais plus largement des migrateurs en ferait un spot de référence mondial. Son attractivité auprès des pêcheurs sportifs et de leurs familles, étrangers, retraités et autres attirés par ce piémont au plus près de l’océan et de ses commodités, générerait à moyen terme, un flux financier annuel, qu’une étude prospective chiffre entre 60.000.000€ et 100.000.000€. Ceci pour 1000 à 1500 familles ayant des revenus les situant essentiellement dans la classe moyenne.

Ce piémont béarnais a été longtemps snobé par les représentants départementaux qui ont négligé les atouts de cette vallée qui fût colonisée il n’y a pas si longtemps par nos amis anglais qui y ont construit de superbes demeures et pratiqué en nombre (ils étaient plus de 400) leur sport favori : la pêche sportive au saumon.

La dualité basco-béarnaise du département s’affiche dans la prééminence qui est donnée « à la côte » au détriment du pays intérieur et des vallées. Tout pour le BAB et le pays basque, pillage et contrebande en prime, rien pour les autres sinon une agriculture industrielle en grande difficulté, des sols et une eau polluée comme héritage, des carrières au paysage lunaire et une ressource halieutique seul espoir d’un tourisme de qualité, confisquée et vampirisée.

Si nous n’y prenons garde, bientôt disparaitrons de la carte, ruisseaux et rus, cannibalisés par une certaine agriculture, sans âme et sans morale.

Pour donner le change, L’Agence de l’Eau et l’Europe investissent des sommes considérables pour disent-ils sauver ce qui peut l’être, restaurer et protéger nos rivières et notre environnement.

Dans les faits, cet argent est une manne, mal utilisée, trop souvent gaspillée, mise en œuvre sans aucun contrôle, ni sanctions, par des cohortes d’experts de tout poil, pas toujours très inspirés, que cela soit :

  • Pour le barrage de Charrite dont les aménagements devaient garantir la continuité écologique et qui jusqu’à une date très récente ont bloqué pour partie la remontée des saumons,

  • Pour la passe à poisson de Sordes l’Abbaye, inaugurée en grande pompe par le préfet et nos élus, qui est mal conçue et d’une efficacité intermittente,

  • Pour l’échelle à anguille type « colonnes de Buren » toujours à Sordes, dont on peut dire qu’elle ne sert pas à grand chose,

  • Pour la station d’épuration de Mauléon Lichos sous dimensionnée et qui dégueule la merde, etc.

Cette situation nous est à tous insupportable.

Nous avons décidé de réagir et ce faisant nous avons rejoint le combat de nos prédécesseurs qui il y a trente ans déjà, dénonçaient les abus de la pêche professionnelle et la complaisance sinon la passivité des administrations et de la police en charge de la pêche.

Pour nous faire entendre, nous avons créé le site salmotierrasalvatierra.com qui est devenu pour beaucoup, un site de référence concernant la protection des poissons migrateurs et celle du bassin de l’Adour.

Notre engagement s’est concrétisé :

  • Dans la défense du bois du BAGET – contre le projet de carrière et notre soutien total à nos amis de l’ACCOB dont nous rappelons les objectifs :

Maintenir la qualité du milieu de vie emblématique qu’est le Gave d’Ossau. Les frayères du Gave d’Ossau, parmi les plus belles frayères de grands migrateurs, risquent d’être directement impactées par les activités de déforestation, creusement, déversement de boues … ainsi que les petits affluents fréquentés par les écrevisses et les jeunes salmonidés : il s’agit des ruisseaux de Rachette, de Lembaight et du Termy. Sans oublier le Touya d’Oloron et à Soeix, les ruisseaux d’Arrégand et de Supervielle.

  • Dans la protection du Gave d’OLORON – contre le projet de carrière à CARRESSE, le Gave est classé « Natura 2000 » et est la principale rivières de France où les saumons , truites de mer , aloses… remontent. Dans la perspective d’un tourisme halieutique d’avenir, il est inacceptable que le gave d’Oloron sur des pools d’anthologie soit impacté par cette carrière. Le Gave de Pau (la carrière de Lahontan est à 4 km à vol d’oiseau) donne une bonne idée de ce que deviendra la vallée d Gave d’Oloron.

  • Contre les projets de microcentrales en vallée d’ASPE, sur le GAVE D’OLORON et le SAISON qui entre autres, bétonnent et défigurent ces magnifiques rivières.

Opposition au projet de microcentrale en vallée d’Aspe entre Aydius (prise d’eau) et Bedous (microcentrale).

Vigilance concernant la SHEM que nous savons en embuscade sur le reconditionnement en puissance des micros centrales existantes.

L’enjeu est déterminant pour l’avenir des frayères de truites et à terme pour les frayères à saumons.

  • Politiquement

Dans une action de sensibilisation des élus politiques et de nos représentants aux enjeux économiques et touristiques basés sur le potentiel halieutique de nos rivières et le développement de la pêche sportive des migrateurs comme en IRLANDE, ECOSSE OU NORVEGE.

Une avancée déterminante est la production d’un document par l’APPMA du Gave d’Oloron en direction des élus départementaux et de la région, demandant en le justifiant la relève totale des filets dans le bassin de l’Adour et dans la baie de St Jean de Luz.

Ce document est aujourd’hui porté et défendu par la Fédé64 qui veut également promouvoir le Gave de PAU comme axe majeur pour les migrateurs. On note la réserve de Migradour, à l’exception d’une intervention remarquée concernant le pillage de la Nivelle par un professionnel.

Sensibilisation du monde agricole à la nécessité de la protection de l’eau par la réduction drastique de l’utilisation des produits phytosanitaires, par la création d’un conservatoire des berges du GAVE D’OLORON et enfin par une interdiction de l’irrigation en période d’étiage.

Médiatisation des enjeux économiques et financiers et des problèmes concernant le bassin de l’Adour. Nous sommes en contact avec des chaines et des journaux d’audiences locales et nationales que nous contactons et auxquelles nous soumettons une information qui ne soit pas dénaturée/édulcorée et des projets de reportage. En 2016, nous avons accueillis en Béarn, Martine VALO du journal Le Monde pour la guider dans son reportage sur “le pillage de l’ADOUR”, accompagner ARTE dans son reportage sur la filière “pibales & anguilles” Ainsi au niveau des partenariats et rapprochements, nous étions présents à Paris pour l’AG de l’AIDSA et à Londres pour une réunion européenne organisée par la SEG concernant la protection de l’anguille à travers une démarche de certification. Nous sommes en contact direct avec Andrew Kerr de la SEG et le NASF. A l’échelon local, nous adhérons à l’ACCOB, travaillons en partenariat étroit avec ANPER-TOS, APQV, SEPANSO. A l’échelon national, nous adhérons à l’AIDSA, à l’APS bassin Loire-Allier. Des rapprochements locaux sont en cours avec l’APMBA et SDG.

  • Socialement

Former les jeunes et moins jeunes aux enjeux de la protection de l’eau et de l’environnement,

Fédérer les énergies et les bonnes volontés pour un engagement militant dans la défense de notre patrimoine nature.

En 2016, l’association SALMO TIERRA – SALVA TIERRA a compté 101 adhérents à jour de leurs cotisations. Nos efforts quotidiens n’auraient pas été aussi efficaces sans leur soutien. En fin d’année 2016, trois nouveaux administrateurs sont venus renforcer l’équipe qui manque néanmoins encore de têtes et de jambes.

En 2017, nous militerons pour obtenir :

  • L’interdiction de la pêche aux filets dérivants dans le bassin de l’ADOUR,
  • L’interdiction des carrières au BAGET et à CARESSE,
  • La création d’un groupe d’étude pour un conservatoire des berges du GAVE D’OLORON,

  • La création d’un laboratoire indépendant d’analyse de l’eau en lien avec l’université,

  • Nous continuerons aussi, en lien avec un cabinet conseil palois, la mise en place d’un label et d’une certification à partir de la qualité de l’eau qui soient autant de marqueurs identitaires pour ceux qui partagent nos objectifs et/ou soutiennent nos actions.

  • Nous poursuivrons et développerons nos démarches de contacts, partenariats et rapprochements à tous les niveaux locaux, nationaux et européens

  • Nous maintiendrons notre vigilance anti-pollution ( le Saison et dernièrement les Nives en janvier 2017 ) et lutterons contre toute atteinte aux Gaves et aux migrations

  • Nous serons très attentifs aux problématiques de la toute récente politique de « continuité écologique »
  • Nous interpellerons les autorités concernées quant à la composition du COGEPOMI et son manque d’approche scientifique

Une fois encore, nous vous remercions chaleureusement de votre participation et de votre présence, en espérant votre adhésion et votre soutien pour 2017.

Le rapport moral est approuvé.

Beaucoup d’échanges et de débats de qualité concernant surtout :

  • les moyens et actions de l’Agence de l’Eau, de Migradour, …
  • le dossier « politique » de l’arrêt des filets, précisé par Pierre Berges et qui sera présenté jeudi 30 mars à Alain Rousset, président de la région
  • le positionnement incompréhensible de l’AIDSA qui se dit « association de  défense du saumon »
  • les dérogations françaises nationales et locales contraires aux directives européennes positives de protection des migrateurs
  • le barrage de Charitte ( 10 millions d’€.) et sa problématique « cachée » de blocage des saumons
  • l’autorité préfectorale en situation de blocage des migrateurs par une micro-centrale qui, informée, peut prendre une mesure de protection, par la fermeture de l’ouvrage, dans l’attente de la résolution du problème
  • le manque de transparence par les municipalités, l’ARS … quant à la composition réelle et complète de l’eau courante ( cf. info et dossier récents par « Que Choisir » )
  • les enjeux de la continuité dite « écologique » entre l’effacement de certains seuils « rentables » pour la FD et les projets néfastes de nouvelles installations
  • le rapprochement possible avec des associations et rivières irlandaises
  • l’intérêt d’engager une pétition pour soutenir notre démarche et le dossier politique

Rapprochement associatif en cours de réalisation :

Paul Van Gerdinge annonce officiellement, sous les applaudissements, la fusion de « Saumon des Gaves » avec « Salmo Tierra – Salva Tierra »

Elections au Conseil d’Administration :

Pierre Bergès, Bernard Lafite, Jean-Marc Dalens et Bernard Revel sont élus à l’unanimité

L’association fait appel à toute contribution photographique, vidéo, sonore … concernant la pêche professionnelle et entre autre lorsque l’Adour est complètement barré par les filets

RAPPORT FINANCIER

ARRETE DES COMPTES au 28 février 2017

PRODUITS D’EXPLOITATION
Cotisations et dons

6302,28

Total produits

6302,28

CHARGES D’EXPLOITATION
Parts Crédit Coopératif

61

Forfait Esprit Associatif

87,6

Souscription 1 part CC NVC

15,25

Frais de tenue de compte

109,5

Total frais bancaires

273,35

Site Web – création et maintenance

1185,6

Journal officiel ST2 et APMBA

75

Flyers & carnets adhésions & tampon

333,9

Logiciel asso EPB

79

Divers fournitures courantes

61,78

Ordinateur Acer

299

Total fournitures administratives

2034,28

Adhésion AIDSA

140

Adhésion ACCOB

20

Total Adhésions

160

Missions Réceptions ( A.G. )

141,3

Total charges d’exploitation

2608,93

   
RESULTAT / BENEFICE

3693,35

1 – Les produits d’exploitation s’élèvent à 6302,28 et recouvrent les cotisations et dons

2 – Les charges d’exploitation s’élèvent à 2608,93 et recouvrent :

  • des charges bancaires pour 273,35
  • des charges administratives pour 2034,28 ( dont création du site )
  • des frais d’adhésions pour 160
  • des frais de réceptions pour 141,30 ( AG février et juillet 2016 )

3 – Le résultat comptable net est positif à 3693,35

La situation financière de l’association est saine avec des dépenses maitrisées

Le rapport financier est approuvé

Nous pouvons espérer que les dons, partenariats / participations financières des entreprises en terme de mécénat, viendront suffisamment compléter les adhésions 2017 pour nous permettre :

  • de maintenir notre présence sur la scène nationale et européenne
  • d’envisager 1 ou 2 actions juridiques
  • de finaliser la création d’un label
  • de maintenir et développer notre site internet

L’assemblée générale se termine par son traditionnel casse-croûte convivial

le secrétaire, Pierre Bernard