COMPTE-RENDU de l’ASSEMBLEE GENERALE du 2 MARS 2019

RAPPORT MORAL et d’ACTIVITE 2018

Nous tenons à remercier en préambule de ce rapport moral, Monsieur le Maire de Sauveterre et Président de la CC du Béarn des Gaves, Jean LABOUR, qui nous accueille et nous héberge en sa mairie et au-delà, tous les élus qui soutiennent notre action.

Nos remerciements vont également à vous tous, présents, adhérents, sympathisants et partenaires associatifs tels que l’AAPPMA, l’ACCOB, ANPER-TOS, l’APQV, la SEPANSO … et aux absents excusés.

L’association SALMO TIERRA – SALVA TIERRA, a été déclarée d’intérêt général au titre de la défense de l’environnement, au Journal Officiel, le 17 Octobre 2015 N°0042, avec pour objectifs :

– Restaurer la totale libre circulation des poissons migrateurs et obtenir la fin de la pêche aux filets dans le bassin versant de l’Adour et sur l’ensemble des bassins versants de la façade atlantique,

– Protéger, restaurer et reconquérir l’environnement très dégradé du bassin versant de l’Adour et ce pour une qualité de l’eau et une vie aquatique optimale

Cette création faisait suite à plusieurs constats 

La situation de nos rivières ne cesse de se dégrader. La ressource en migrateurs et plus particulièrement en saumons de printemps est à l’agonie. En 2018, pour plus de 1000 permis de pêche au saumon qui ont été délivrés, moins de 250 prises ont été déclarées et au regard des déclarations se sont moins de 150 pêcheurs qui ont utilisé leur bracelet au moins une fois. Ceci est à mettre en perspective avec les jours où la pêche au saumon est autorisée : autour de 100 jours ouvrables, pour une moyenne journalière de deux poissons. Les remontées de castillons très tardive en 2018, nous le répétons une fois de plus et ne doivent pas faire illusion et servir de cache-misère.

Notre action déterminée, axée sur l’information, la dénonciation du braconnage et des pollutions heurte des intérêts économiques puissants y compris parmi ceux qui sont censés défendre les intérêts de la pêche sportive qu’ils rebaptisent opportunément pêche de loisir ou récréative réduisant sa sémantique, sa représentation, donc son intérêt, son poids économique et son potentiel éducatif à un aimable passe-temps dénué d’enjeux.

Le lobbying agressif de groupes de pression ayant leurs entrées et leurs relais au cœur des administrations et la désinformation servant des intérêts transfrontaliers œuvrent auprès de nos élus pour les influencer et nous réduire au silence.

Selon les chiffres de l’ADRM (association de défense des ressources marines), selon les données même de l’IFREMER, ce sont plus de 4000 saumons qui sont braconnés sur le littoral océanique.

Nos informations venant des meilleurs sources sur les prises estuariennes et fluviales font état là aussi de plus de 4000 prises écoulées sur les marchés parallèles tant en France qu’en Espagne.

Le port de Bayonne est pollué par les boues rouges, les engrais, les déversements nauséabonds et nocifs de 154 émissaires pour ceux qui sont recensés , la radioactivité de ferrailles de provenances plus que douteuses et c’est dans ces eaux morbides, normalement interdites à toutes pêches, que sont capturés avec la complaisance des autorités préfectorales et de leurs administrations , la majorité des poissons migrateurs mis à la vente sans aucuns contrôles sanitaires.

Quel développement économique peut-on espérer de cette situation ?

Les gaves, l’Adour, les nives, sont parmi les plus belles rivières d’Europe. Elles abritent une diversité de poissons migrateurs : saumons, aloses, truites de mer, anguilles, etc., unique en Europe. On nous envie ces richesses partout dans le monde en même temps que l’on nous méprise de les détruire, de les surexploiter, de les brader par cupidité et intérêt à courte vue.

On surfe l’océan pour ses vagues, on s’y baigne, on y navigue et cela enrichit le littoral aquitain. On skie l’hiver dans les Pyrénées, on y randonne l’été dans des sites préservés et aménagés et ça profite aux habitants des vallées. Pour vivre leurs passions, des gens louent des gîtes, achètent des maisons, paient taxes et impôts, consomment et cela crée des emplois tant durables que saisonniers.

Partout dans le monde, des milliers de pêcheurs sportifs, vivent leur passion sur des rivières et des fleuves où la faune et la flore sont jalousement préservées, où le braconnage est durement réprimé. Des vallées entières du Canada, d’Ecosse, d’Irlande, d’Islande, des pays scandinaves, y compris de Russie, vivent et prospèrent autour du saumon, le poisson-roi.

Nous n’avons rien à leur envier, au contraire ! Des centaines d’emplois sont en jeu et sont l’avenir de notre région. Pour cela nous exigeons l’interdiction de la commercialisation du saumon sauvage, de la truite de mer et autres migrateurs, et de toutes formes de pêches professionnelles sur l’Adour et les gaves (dont le port de Bayonne et les nives).

Les pêcheurs sportifs veillent jalousement à la qualité des eaux et dénoncent régulièrement les atteintes à l’environnement. Ils sont les donneurs d’alerte sans lesquels nos rivières seraient des décharges et des égouts à ciel ouvert.

Toutes les études le confirment, la pêche sportive a un très faible impact sur les prélèvements de poissons. Sa dimension économique est sans commune mesure avec la pêche professionnelle qui est pratiquée tout au plus par une dizaine de pêcheurs estuariens et une dizaine de pêcheurs fluviaux. La restauration des stocks de saumons mais plus largement des migrateurs en ferait un spot de référence mondial.

Son attractivité auprès des pêcheurs sportifs et de leurs familles, étrangers, retraités et autres attirés par ce piémont au plus près de l’océan et de ses commodités, générerait à moyen terme, un flux financier annuel, qu’une étude prospective réactualisée chiffre entre 100.000.000€ et 150.000.00€. Ceci pour 1500 à 2000 foyers fiscaux ayant des revenus les situant dans la classe moyenne.

Cette situation nous est à tous insupportable

Nous avons décidé de réagir et ce faisant nous avons rejoint le combat de nos prédécesseurs qui il

a trente ans déjà, dénonçaient les abus de la pêche professionnelle et la complaisance sinon la passivité des administrations et de la police en charge de la pêche.

Pour nous faire entendre, nous avons créé le site salmotierra-salvatierra.com qui est devenu le site de référence concernant la protection des poissons migrateurs et celle du bassin de l’Adour.

Notre engagement s’est concrétisé :

– Dans la défense du bois du BAGET – contre le projet de carrière et notre soutien total à nos amis de l’ACCOB dont nous rappelons les objectifs : lutter contre tous les projets de carrières afin de maintenir la qualité du milieu de vie emblématique qu’est le Gave d’Ossau. Les frayères du Gave d’Ossau, parmi les plus belles frayères de grands migrateurs, risquent d’être directement impactées par les activités de déforestation, creusement, déversement de boues … ainsi que les petits affluents fréquentés par les écrevisses et les jeunes salmonidés : il s’agit des ruisseaux de Rachette, de Lembaight et du Termy. Sans oublier le Touya d’Oloron et à Soeix, les ruisseaux d’Arrégand et de Supervielle.

– Dans la protection du Gave d’OLORON – contre le projet de carrière à CARRESSE, le Gave est classé « Natura 2000 » et est la principale rivière de France où les saumons, truites de mer, aloses… remontent. Dans la perspective d’un tourisme halieutique d’avenir, il est inacceptable que le gave d’Oloron sur des pools d’anthologie soit impacté par cette carrière. Le Gave de Pau (la carrière de Lahontan est à 4 km à vol d’oiseau) donne une bonne idée de ce que deviendra la vallée d Gave d’Oloron. (recours administratif en cours avec la SEPANSO 64 et l’APQV)

– Contre les projets de microcentrales en vallée d’ASPE, sur le GAVE D’OLORON et le SAISON qui entre autres, bétonnent et défigurent ces magnifiques rivières.

– Dans des actions juridiques tous azimuts dont vous pouvez suivre la progression sur notre site internet.

– recours contre les préfets du 40 et 64, pour l’interdiction de toutes pêches dans le port de Bayonne avec les SEPANSO 40 et 64

– recours contre le préfet de région chargé de la protection et de la gestion des poissons migrateurs avec les SEPANSO 40 et 64

– Dans des rencontres instructives et constructives avec les deux syndicats de rivières et les exploitants de microcentrales, sachant que nous rencontrons des difficultés à aborder avec les instances concernées les problématiques de continuité écologique du barrage de Masseys.

– Par la publication systématique sur le site des infos concernant le pillage local (procès des professionnels) et le trafic international de la pibale qui représente au moins 130 000 000 € (évaluation minimale des instances européennes)

Politiquement

Médiatisation des enjeux économiques et financiers et des problèmes concernant le bassin de l’Adour. Nous sommes en contact avec des chaines et des journaux d’audiences locales et nationales que nous contactons et auxquelles nous soumettons une information qui ne soit pas dénaturée/édulcorée et des projets de reportage.

Nous sommes en contact direct à l’échelon local, avec l’ACCOB, la SEPANSO l’APQV, l’ADRM et travaillons en partenariat étroit avec ANPER-TOS,

A l’échelon national, nous n’adhérons plus à l’AIDSA (vieille association de défense du saumon, qui malheureusement est à la botte des pêcheurs professionnels et des lobbyistes tels que Marc-Adrien Marcellier ). nous adhérons à l’APS bassin Loire-Allier et ANPER-TOS. Des rapprochements locaux sont en cours avec l’APMBA.

Socialement et en perspective

– Sensibiliser les jeunes et moins jeunes aux enjeux de la protection de l’eau et de l’environnement,

– Fédérer les énergies et les bonnes volontés pour un engagement militant dans la défense de notre patrimoine nature.

En 2019, année internationale du saumon, nous militerons pour obtenir :

– L’interdiction de la pêche dans le port de Bayonne et aux filets dérivants dans le bassin de l’ADOUR,

– l’interdiction de la vente du saumon sauvage atlantique

– L’interdiction des carrières au BAGET et à CARESSE,

– La création d’un groupe d’étude pour un conservatoire des berges du GAVE D’OLORON,

– Nous poursuivrons et développerons nos démarches de contacts, partenariats et rapprochements à tous les niveaux locaux, nationaux et européens,

– Nous maintiendrons notre vigilance anti-pollution sur l’ensemble du bassin de l’Adour et des Nives. Pour autant nous n’avons pas à suppléer les défaillances et les incohérences des organismes chargés de la protection de l’environnement,

– Nous serons très attentifs aux problématiques de la toute récente politique de « continuité écologique »,

– Nous continuerons à interpeller les autorités concernées quant à la composition du COGEPOMI et son manque d’approche scientifique qui fait l’objet en ce début d’année, d’une plainte de l’ADRM devant le Tribunal administratif,

– Nous multiplierons les rencontres de terrain en innovant aussi par des conférences ciblées sur les territoires sensibles où le saumon est un enjeu,

– Nous solliciterons les gazettes locales pour qu’elles relaient notre message associatif.

Dans le droit fil de la pétition lancée conjointement avec l’APPMA du GAVE d’OLORON et l’ADRM en date du 1er janvier 2019 :

Une manifestation est prévue le 22 Avril sur le port de Bayonne.

C’est l’occasion pour les vallées de reprendre leur destin en main, de se réapproprier les richesses qui ont été les leurs et qui ont été confisquées.

La pêche sportive du saumon, le poisson- roi et plus particulièrement des migrateurs, c’est l’or du piémont. C’est le meilleur et seul réel investissement pour l’avenir, tant en terme de créations d’emplois induits, d’attractivité donc de qualité de l’environnement.

Nous militons pour une région dynamisée, attirant de nouveaux habitants, de nouveaux consommateurs. Ce sont à terme des écoles pleines d’enfants qu’on imagine se baigner à la première occasion dans nos gaves.

C’est enfin un message d’espoir pour un pays en déshérence, un territoire fatigué que la jeunesse doit fuir faute de perspectives et d’enthousiasme .

Nous devons témoigner de notre volonté de nous émanciper d’une colonisation prédatrice, de nous réapproprier nos fleuves et rivières dont les richesses suscitent toutes les convoitises et pillages et ce, au détriment des habitants des vallées et de leur qualité de vie.

La dimension de cette manifestation doit aller au delà de la pêche sportive, elle doit interpeller les pouvoirs publics et les acteurs économiques.

il s’agit de vivre notre passion dans des vallées régénérées par une attractivité retrouvée, dans un environnement dynamique et positif où chaque saumon de pris est un souffle de vie et un emploi crée.

De nombreux échanges et débats de qualité animent cette Assemblée Générale

Le rapport moral et d’activité est approuvé à l’unanimité

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RAPPORT FINANCIER exercice 2018

Arrêté des comptes au 31 décembre 2018

Compte de résultat 2018

bilan au 31:12:2018

COMMENTAIRES RAPPORT FINANCIER – exercice 2018

1 – Le résultat comptable net est négatif à – 3330,00

Ce résultat négatif par des frais d’avocat et d’huissier qui s’élèvent à 5728,18, témoigne d’une année 2018 très chargée en actions judiciaires

2 – Après intégration du résultat de l’année précédente de 8752,61

le résultat comptable net cumulé fin 2018 s’élève à 5422,61

Nous constatons que ce résultat global 2018 à 5422,61 est inférieur aux frais d’avocat et d’huissier.

Des actions sont toujours en cours qui nécessiteront peut-être des frais complémentaires :

– action contre le projet de carrière à Carresse avec l’APQV et la SEPANSO 64

– action contre les filets auprès des préfets de région, 64 et 40, avec les SEPANSO 64 et 40

Ce résultat 2018 à 5422,61 avec les produits d’adhésions et dons 2019 permettra donc, s’il le fallait, une nouvelle année d’engagements de procédures judiciares

L’association rappelle que ses seuls produits sont les cotisations et les dons qu’il convient donc d’accroître afin d’assurer la pérennité et le développement d’actions juridiciaires ciblées et retenues dans le cadre de ses objectifs.

La situation financière de l’association est saine avec des dépenses maîtrisées.

Le rapport financier est approuvé à l’unanimité

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Elections au Conseil d’Administration

Louis DUPONT, jeune designer graphiste spécialisé en communication, est élu à l’unanimité.

Proposant ses compétences, dès l’automne 2018, il a créé et développé une nouvelle identité associative favorisant une meilleure reconnaissance et donc communication : 1 logo et 1 fond de géographie locale « Béarn des gaves » se retrouvent ainsi sur nos supports ( site, nouvelle page facebook, en-tête et pied de page, cartes, stickers et bientôt casquettes brodées.

Questions diverses

L’objet social de l’association concourant à la défense de l’environnement lui confère le caractère d’intérêt général qui lui permet de délivrer des reçus fiscaux à ses membres cotisants et à ses donateurs afin qu’ils puissent bénéficier de réduction ou déduction d’impôt.

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Une fois encore, nous vous remercions chaleureusement de votre présence et de votre participation, en espérant votre adhésion et plus encore votre soutien actif pour 2019.

l’Assemblée Générale est close.

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Le buffet traditionnel convivial est ouvert