ASSEMBLE GENERALE ORDINAIRE

RAPPORT MORAL ET D’ACTIVITE exercice 2021

par le président

Bonjour à tous,

En préambule de la 7éme assemblée générale de l’association SALMO TIERRA – SALVA TIERRA, remercions Madame le Maire Nadine BARTHE, de nous accueillir chaleureusement en sa mairie de NAVARRENX

INTRODUCTION

L’association SALMO TIERRA – SALVA TIERRA, officiellement déclarée au journal officiel le 17/10/2015 a pour objectifs de :

    • Restaurer la totale libre circulation des poissons migrateurs et obtenir la fin de la pêche aux filets dérivants dans le bassin versant de l’Adour et sur l’ensemble des bassins versants de la façade atlantique,

    •  protéger, restaurer et reconquérir l’environnement très dégradé du bassin versant de l’Adour en défendant ses territoires et ses cours d’eau contre toute forme d’atteinte et de nuisance qui affecterait la qualité de l’eau et de la vie aquatique, entraverait la continuité écologique, dénaturerait les écosystèmes, défigurerait les équilibres naturels et pillerait les ressources ( article modifié à valider en AG extraordinaire )

PROPOS LIMINAIRE

En ce début d’année 2022 où la négociation pour une relève totale de la pêche professionnelle sur le bassin de l’Adour est toujours au point mort, mettant en évidence le manque d’engagement d’une politique départementale pour la préservation d’un patrimoine unique de biodiversité pourtant facteur de revalorisation économique des territoires, nous sommes informés que JJ Lasserre président du conseil départemental des Pyrénées-Atlantiques et ancien sénateur, interrogé sur l’indemnisation des pécheurs fluviaux et estuariens pour une relève totale des filets et l’arrêt de la pêche des poissons migrateurs, a répondu que c’était cher et qu’il n’envisageait pas d’y participer .

Cet événement s’est passé lors du meeting annuel de tous les députés, sénateurs et président de communautés de commune. Denise St Pée sénatrice nouvellement promue et tous les hiérarques et seconds couteaux d’une gérontocratie politique, se sont gardés de tous commentaires. CQFD !

BILAN 2021

1) Les recours introduits par : AAPPMA DES BAÏSES, AAPPMA DE BASABÜRÜA, AAPPMA DU GAVE D’OLORON, AAPPMA LA GAULE ASPOISE, AAPPMA LA GAULE ORTHEZIENNE, AAPPMA LA GAULE PALOISE, AAPPMA LE PESQUIT, ACCOB, ANPER-TOS, DMA, PHBE, SALMO TIERRA , SEA SHEPHERD, SEPANSO 40 – 64 ont fait annuler les arrêtés annuels des préfectures des P-A et des Landes réglementant la pêche dans l’Adour fluvial en 2021 et permettant notamment la pêche aux engins et filets, professionnelle et amateur. La décision du T.A. de PAU est arrivée trop tard pour avoir une quelconque efficacité. Ce n’est pas l’effet du hasard !

2) Notre soutien très actif au recours de la SEPANSO contre le gestionnaire de la centrale d’AUTERRIVE et la légalité de l’l’autorisation préfectorale de 2016 a été couronné de succès. ledit arrêté a été est annulé par la Cour Administrative d’Appel de Bordeaux pour illégalité et faux en écriture publique

3) Notre action déterminante avec la SEPANSO 64 contre l’exploitation d’une carrière à CARRESSE-CASSABER, a fédéré l’ensemble des riverains et associations locales. l’Arrêté d’Exploitation a été cassé.

4) Plusieurs actions et recours juridiques sont en cours :

– Le Recours déposé en octobre 2020 contre l’Arrêté du règlement particulier de police du port de Bayonne autorisant la pêche professionnelle. Ce Recours, pour lequel toute la procédure en défense et en réplique est terminée depuis septembre 2021, devrait légalement obtenir une réponse cette année (SALMO TIERRA, SEPANSO 64-40 et AAPPMA D’OLORON)

– La demande de protection des migrateurs par l’arrêt définitif des pêcheries aux filets et l’indemnisation des professionnels avec l’envoi d’une lettre à la DREAL Nouvelle Aquitaine et copie aux préfets et président de région ( DMA, SALMO TIERRA et SEPANSO AQUITAINE)

– Les avis négatifs, interpellations et point presse pour une rivière de contournement au barrage du Pesqué à Orthez, véritable point noir du gave de Pau concernant la protection des migrateurs ( SALMO TIERRA et SEPANSO64 )

– La lettre recours au Maire d’Orthez avec copie au Président de la Communauté de Commune de Lacq-Orthez concernant l’abandon du projet d’une rivière de contournement des “chutes du PESQUE” (SALMO TIERRA)

– Le Recours déposé en octobre 2021 contre l’Arrêté de juin 2021 concernant la chenalisation du gave d’Ossau sur la commune D’ASTE-BEON ( SALMO TIERRA et SEPANSO 64 )

– Notre engagement auprès des riverains et partenaires dont L’AAPPMA LA GAULE ASPOISE, contre le projet de micro centrale sur le gave du Gabarret (SALMO TIERRA, SEPANSO 64)

PERSPECTIVES 2022

Plusieurs actions et recours juridiques sont en cours ou d’ores et déjà prévus :

        1) Recours en référé en date du 22 février 2022 contre les PLAGEPOMI/COGEPOMI du bassin de l’Adour introduits par les mêmes protagonistes ayant fait   annulé les arrêtés annuels des préfectures des P-A et des Landes réglementant la pêche dans l’Adour fluvial en 2021 et permettant notamment la pêche aux engins et filets, professionnelle et amateur  (AAPPMA DES BAÏSES, AAPPMA DE BASABÜRÜA, AAPPMA DU GAVE D’OLORON, AAPPMA LA GAULE ASPOISE, AAPPMA LA GAULE ORTHEZIENNE, AAPPMA LA GAULE PALOISE AAPPMA LE PESQUIT, ACCOB, ANPER-TOS, DMA, PHBE, SALMO TIERRA , SEA SHEPHERD, SEPANSO 40 ET 64 )

       2) Recours contre les prochains Arrêtés règlementant la pêche dans l’Adour fluvial en 2022

       3) Recours en indemnisation pour pêche illégale dans le port de Bayonne antérieurement à sa récente autorisation.

       4) Recours contre le projet de micro centrale du Gabarret.

 

  CONCERNANT LA BIODIVERSITE ET PLUS PARTICULIEREMENT LE SAUMON

 La Préfète de Région et le Président de Région sont responsables de la biodiversité et donc à même d’interdire le pillage de la ressource en poissons  migrateurs dont certaines espèces en voie d’extinction dans le port de Bayonne et partout sur le fleuve. Pour mémoire :

  • La grande alose en danger critique d’extinction (plus de 16 tonnes de prises, déclarées par les pros en 2019),
  • La lamproie dont les effectifs chutent drastiquement,
  • Le saumon lui aussi en grand danger,
  • La pibale objet de toutes les dérogations et des trafics les plus lucratifs.

 

CONCERNANT LE COGEPOMI

Au moment où certains, pour contourner la justice, veulent faire appel à la prétendue expertise du COGEPOMI, rappelons que des dizaines de millions d’euros ont été consacrés par la puissance publique à la restauration de la continuité écologique.

Des millions d’alevins de saumons ont ensemencés le gave de Pau pour le seul bénéfice des pêcheurs professionnels qui s’approprient la ressource alors même qu’elle est en « herbe »

Concomitamment, Les pêches professionnelles se sont renforcées depuis 2015, avec la présence possible d’auxiliairesvenant prêter main forte et permettant qu’un second filet soit admis à bord des embarcations. On note que la pêche aux engins de nuit a été autorisée ainsi que le filet dérivant pour la lamproie pendant la fermeture du saumon. Les captures de salmonidés ne baissent pas.

Des prétendus efforts de relève en fin de saison sont mis en avant mais de fait ils n’épargnent que des castillons alors que les précieuses femelles d’hiver sont toujours ciblées par une ouverture trop précoce.

Le COGEPOMI pourtant compétent est resté muet sur la question de la pêche dans le port de Bayonne, sur les captures structurelles de milliers de salmonidés en mer et n’a jamais fixé les quotas de pêche comme la loi l’y oblige. De concert, la DREAL, l’IFREMER, ETC. refusent de communiquer sur les détails des licences CMEA et sur l’ampleur des captures en mer. Sur ce point comme sur beaucoup d’autres le COGEPOMI est totalement muet.

Le COGEPOMI qui est mandaté pour inscrire dans la durée « une gestion équilibrée des poissons migrateurs », n’évoque même plus les limites de conservation, évoquées il y a 20 ans et qu’il suffirait à stopper toute pêche commerciale. Ce faisant, l’État français déclare « le saumon pyrénéen est menacé d’extinction totale ».

Cette institution a été subvertie, pervertie et détournée de son objet avec la complaisance des représentants de l’Etat et des administrations. Ceci n’a été rendu possible que par l’inaction et l’insuffisance des représentants du monde de la pêche sportive. Habitués aux strapontins, tétanisés par le risque de déplaire, ils n’ont pas su prendre leur place autour de la table et s’imposer comme partie prenante.

 

CONCERNANT LES POLLUTIONS DE L’EAU

Elles résistent aux efforts d’assainissement, ainsi en est-il du gave d’Oloron, déclassé nitrates à la fin des années 2000 et qui est la victime de pratiques agricoles industrielles.

Nous ne parlerons pas de la pollution chimique de l’estuaire qui est sans précédent en France. La qualité de l’eau des Gaves et des Nives, mais aussi de l’océan est un enjeu majeur pour le tourisme des Pyrénées Atlantiques.

Les politiques et les administrations sont dans le déni des pollutions fluviales et marines qui ne seraient pour eux que des épiphénomènes. Ces pollutions sont minorées, niées et font l’objet, de statistiques tronquées sinon falsifiées.

Cette méconnaissance des pollutions et leur minimisation mettent en péril l’attractivité économique de la région et de son littoral.

Ainsi les stations d’épuration sur le linéaire des Gaves et Nives sont souvent défaillantes et/ou insuffisantes pour traiter les pollutions médicamenteuses et les adjuvants ménagers. Elles sont avec la pollution des piscicultures, les intrants et pesticides agricoles, le port de Bayonne, les principaux facteurs de dégradation et de contamination des eaux

 

CONCERNANT L’ENVIRONNEMENT HUMAIN ET ECONOMIQUE

L’appauvrissement des bassins des Gaves et des Nives, génère une désertification progressive de l’habitat par le non-renouvellement et le vieillissement des populations. Ceci est la conséquence du manque de travail et d’attractivité de ces régions, avec comme conséquences la disparition progressive des services publics, la fermeture des écoles et une économie touristique et ses dérivés sinistrés.

Les projets et initiatives qui se font jour pour restaurer la splendeur des Gaves et des Nives et valoriser un espace patrimonial et culturel exceptionnel se heurtent aux lobbys, à l’indifférence ou à la frilosité des décisionnaires.

A chacun et d’abord aux élus, de prendre la mesure des enjeux, de penser différemment l’économie des territoires, leur préservation, leur restauration, de revoir leur modèle de développement aujourd’hui essentiellement agricole et de s’engager dans la valorisation d’un patrimoine exceptionnel à tous égards, afin d’offrir une terre à vivre à nos enfants.

Comprendront-ils un jour que le Béarn des Gaves et ses migrateurs est un joyau unique propice au développement d’une économie locale ouverte sur le monde ?

Il sera bientôt trop tard ! 

De nombreux échanges et débats de qualité  ont animé cette Assemblée Générale encore impactée quantitativement par la Covid.

Ont été entre autres et principalement abordés :

– le non-engagement actuel de J.J.Lasserre, pdt du Conseil Général concernant la participation du département à l’indemnisation des pêcheurs professionnels et par là-même au projet économique du Béarn des Gaves. Il semblerait bien que le Béarn soit, une fois de plus, « oublié » au profit de financements très conséquents en direction des stations de ski et de la côte atlantique.

– le recours en Conseil d’État envisagé en cas de jugement négatif du tribunal administratif de Pau concernant le port de Bayonne

– les difficultés rencontrées dans certains partenariats associatifs avec des associations d’une autre échelle dont les objectifs généralistes diffèrent de ceux de nos associations très locales qui défendent leur patrimoine afin de revaloriser économiquement leur territoire.

– La présentation par Jacques Louvigné de ses différents projets de conférence pédagogique « Saumon » en Béarn et au Pays Basque

et enfin Merci à Jean-Claude et André Dutter de l’ACCOB d’Oloron pour leur présence et participation active. Un point est fait quant à leurs actions et projets de protection du Bagger et du Haut Ossau, principaux lieux de frayères du saumon du gave d’Oloron. 

Le rapport moral et d’activité est approuvé à l’unanimité

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RAPPORT FINANCIER exercice 2021

par l’administrateur général

COMMENTAIRES RAPPORT FINANCIER exercice 2021

1 – LE RESULTAT D’EXPLOITATION est positif à 157,12 €

Les produits d’exploitation correspondent uniquement aux cotisations et dons qui s’élèvent à 2855 € et montrent une augmentation de 20 % par rapport à l’exercice 2020 qui était en légère baisse

Les charges d’exploitation s’élèvent à 2697,88 € dont principalement :

– des frais d’avocats et d’huissier pour 1958,70 € corespondant à :

– frais d’avocat de 600 € pour le recours contre la carrière de Carresse-Cassaber

– frais d’avocat de 749,50 € pour les recours contre les Arrêtés de pêche et le Plagepomi

– frais d’huissier de 609,20 pour le constat d’entrave à la navigation de la pêche professionnelle dans le port de Bayonne

– les autres charges d’exploitation courantes ne montrent aucune évolution significative

2 – LE RESULTAT FINANCIER est négatif à 22,13 €

– les produits financiers  « intérêts sur livret » pour 44,20 € compensent pratiquement les charges   « frais de tenue de compte courant » à 45,36 €

– les charges financières Paypal correspondant aux cotisations s’élèvent à 20,97 €

3 – LE RESULTAT COMPTABLE NET de l’exercice est positif à 134,99 €

4 – LE RESULTAT NET CUMULE fin 2021 s’élève donc à 9857,23 € après intégration du résultat positif de l’année précédente de 9722,24 €

Perspectives : ce résultat net cumulé 2021 à 9857,23 € permettra donc, s’il le fallait, une nouvelle année d’engagements de procédures judiciaires pour la protection du saumon et autres migrateurs ainsi que la défense de l’environnement des gaves.

L’association rappelle que ses seuls produits courants sont les cotisations et les dons qu’il convient donc de pérenniser voire d’accroître afin d’assurer la continuité et le développement de ses actions ciblées retenues dans le cadre de ses objectifs.

La situation financière de l’association est saine avec des dépenses maîtrisées.

Le rapport financier est approuvé à l’unanimité

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ASSEMBLE GENERALE EXTRAORDINAIRE

Modifications des statuts :

Conformément aux statuts, le Conseil d’Administration propose aux adhérents, en Assemblée Générale Extraordinaire, les modifications des statuts suivantes :

Article 2 : Objet – le 2ème point :

« protéger, restaurer et reconquérir l’environnement très dégradé du bassin versant de l’Adour et ce pour une qualité de l’eau et une vie aquatique optimale »

esr remplacé par :

« protéger, restaurer et reconquérir l’environnement très dégradé du bassin versant de l’Adour en défendant ses territoires et ses cours d’eau contre toute forme d’atteinte et de nuisance qui affecterait la qualité de toute ressource en eau et de la vie aquatique, entraverait la continuité écologique, dénaturerait les écosystèmes, défigurerait les équilibres naturels et pillerait les ressources »

Articles 7,9 et 10-1 concernant les élections du CA et du président

Toutes ces élections seront organisées tous les 5 ans au lieu de 4 ans

Les modifications des statuts ainsi proposées sont approuvées à l’unanimité

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Une fois encore, nous vous remercions chaleureusement de votre présence et participation.

l’Assemblée Générale est close.

Les procédures anti-Covid encore en vigueur nous empêchent, à nouveau, de clore notre Assemblée Générale par un traditionnel casse-croûte convivial que nous comptons bien chaleureusement retrouver en 2023.