« Ralentir l’écoulement de l’eau » pour avoir de l’eau plus longtemps – Eric Lenoir
Publié le : 13 août 2026

Il semble que quelque chose ne soit pas clair dans la demande (la supplique) de l’OFB de « ralentir l’écoulement de l’eau »?
Les barrages nuisent à l’ensemble du bassin versant, même si c’est contre-intuitif (et on ne va même pas parler de leur impact sur les espèces migratrice quasiment disparues).
Dans ces retenues, l’eau s’échauffe, s’évapore, les polluants de tout type s’accumulent fortement, ce qui aboutit, entre autre , à l’eutrophisation du milieu et dans ces retenues, et en aval, et une surmortalité du fait de l’augmentation de la température de l’eau. Enfin de celle qui n’aura pas été perdue par évaporation.
Ce que se tuent à expliquer les hydrologues et l’OFB actuellement, c’est que ce qu’on sait dorénavant (il a fallu du temps c’est toujours comme ça pour la science), c’est que l’eau est bien mieux stockée dans les sols et les végétaux des zones humides (marais, prairies, forêts rivulaires) qu’à l’air libre. Et que ceci permet une meilleure restitution, parfois plus faible en débit (ce qu’on apprécie en période de crue), mais sur une durée beaucoup plus longue.
En gros: moins d’eau, mais plus longtemps.
C’est la difference entre la vie et la mort des rivières et des territoires qui les entourent.
PS: les associations de pêche font – que ça plaise ou non aux amoureux des poissons – un travail de vigie des rivières remarquable toute l’année. C’est grâce à elles que, souvent, on identifie une pollution (dans la Loue, par exemple), et elles collaborent souvent avec l’OFB et les assos écologistes pour la restauration des milieux. J’espère qu’elles seront nombreuses à prendre en compte la dégradation catastrophique des cours d’eau cette année pour la prochaine saison de pêche, notamment en l’interdisant là où c’est necessaire et, surtout, en ne pratiquant aucun lâchers de truites (carnassières) dans les cours d’eau déjà désertés par la faune aquatique. Certaines ont déjà choisi cette voie et c’est tout à leur honneur. Reste à savoir si la perte de cotisations leur permettra de subsister, et donc de pouvoir continuer à jouer leur rôle de surveillance du milieu en complément de l’Office Français de la Biodiversité aux moyens sans cesse réduits.



