Reporterre revient sur la mort d'environ un million de jeunes saumons dans une ferme d'élevage islandaise, après des transports éprouvants, des blessures et une eau de mer trop froide, qui a donné lieu à une enquête pour maltraitance animale. L'élevage en filets ouverts est accusé de polluer les fjords et de menacer les saumons sauvages par croisement ; une majorité d'Islandais s'y oppose.
« DES RÉVÉLATIONS ALARMANTES APRÈS QUE L’AUTORITÉ DE CONTRÔLE A ÉTÉ CONTRAINTE DE DIVULGUER DES INFORMATIONS
L’agence gouvernementale britannique chargée de la santé animale et végétale (APHA) a été contrainte de révéler des informations alarmantes sur la mortalité des poissons dans des élevages de saumons en Écosse, rapporte The Guardian. Ces révélations, obtenues sous la pression de l’association Animal Equality UK, font état de millions de poissons morts par asphyxie ou empoisonnement accidentel, ainsi que d’une série d’incidents particulièrement graves.
Dans un élevage exploité par Mowi, le plus grand producteur de saumon d’Écosse, plus d’un million de poissons sont morts en l’espace de seulement dix heures à la suite d’une accumulation de sulfure d’hydrogène, un gaz toxique.
Dans un autre élevage, exploité par Bakkafrost et certifié par la RSPCA, une organisation britannique de protection des animaux, quelque 600 000 poissons ont été intoxiqués en 2022.
Malgré la gravité de ces incidents, aucune sanction n’a été prise. D’autres éléments révélés font également état de poissons souffrant de cécité, de plaies ouvertes et de graves infestations de poux de mer.
Abigail Penny, directrice générale d’Animal Equality UK, dénonce une «culture du secret» au sein de l’APHA :
«La culture du secret de l’APHA doit prendre fin. Les gens sont épuisés de voir le même scénario se répéter : des entreprises infligent des souffrances aux animaux et manifestent peu de remords, tandis que les organismes financés par les contribuables pour les tenir responsables ferment les yeux.»
L’APHA affirme toutefois prendre « très au sérieux » tous les cas de mauvais traitements et de problèmes liés au bien-être animal.
De son côté, Salmon Scotland assure qu’elle «soutient la transparence», tout en affirmant que «les accusations formulées par les militants sont souvent sorties de leur contexte».
Un porte-parole de Co-op, qui commercialise dans ses supermarchés du saumon certifié par la RSPCA pour son respect des normes de bien-être animal, a déclaré que l’enseigne «échangeait de toute urgence avec son fournisseur afin de comprendre pleinement le contexte de ces incidents». »
Mi-juillet 2026, l'Agence norvégienne pour l'environnement a annoncé la fermeture de la pêche du saumon sur plusieurs rivières du centre du pays, dont la Gaula, l'Orkla et la Verdalselva, à partir du 1er août. En cause : une nouvelle baisse des remontées de saumons sauvages relevée par l'Institut norvégien de recherche sur la nature. Note transmise par Louis Sauvadet, président de l'APS Bassin Loire-Allier.
Par un arrêté du 4 août 2026, la préfète de la Gironde a accordé l'autorisation environnementale à la méga-usine terrestre de saumons Pure Salmon au Verdon-sur-Mer, prévue pour produire 10 000 tonnes par an. Opposants, élus et associations dénoncent les prélèvements de plus de 2 millions de m³ d'eau souterraine par an et les rejets dans l'estuaire ; des recours devant le tribunal administratif sont annoncés.
les chiffres ne doivent pas servir à préparer le retour des filets
Depuis quelque temps, on voit fleurir sur les réseaux sociaux et dans certains articles un récit bien pratique : le retour spectaculaire des aloses sur le bassin Garonne-Dordogne serait lié aux opérations de régulation du silure.
Ce raccourci est scandaleux.
Il sert surtout à détourner le regard du vrai sujet : la pression de la pêche aux filets et les dérogations qui ont vidé le moratoire de son sens pendant des années.
Le retour récent des aloses s’explique bien plus sérieusement par deux éléments majeurs : d’abord la forte baisse, voire l’arrêt temporaire de la pêche pendant l’année Covid, puis les actions juridiques menées par l’association DMA, qui ont permis de faire tomber certaines dérogations autorisant encore la pêche au filet malgré le moratoire en 2025 et 2026.
Autrement dit, quand on laisse enfin les poissons passer, ils remontent.
Présenter aujourd’hui la régulation du silure comme l’explication principale du retour des aloses, c’est une manière commode d’éviter de parler des filets, des captures accessoires, des dérogations préfectorales et de la responsabilité de ceux qui ont laissé perdurer cette situation.
On nous parle aujourd’hui d’un retour spectaculaire de la grande alose sur le bassin Garonne-Dordogne. Mais derrière les annonces rassurantes, une question dérange : sur quelles bases multiplie-t-on les poissons réellement comptés aux passes de Tuilières et de Golfech pour annoncer des populations bien plus importantes ?
Au 3 juin 2026, 11 400 aloses ont été enregistrées à Tuilières. C’est un chiffre réel, vérifiable. Pourtant, certains évoquent déjà 70 000, 90 000, voire 200 000 aloses sur le bassin. Ces extrapolations doivent être justifiées clairement, surtout si elles servent demain à rouvrir la pêche aux filets.
Il faut rappeler que la grande alose s’est effondrée pendant des années malgré les passes à poissons, les ascenseurs et les discours officiels. Le problème n’est pas seulement de faire monter les poissons : il faut aussi protéger le stock de géniteurs, garantir la dévalaison des juvéniles, et surtout arrêter de vider le moratoire de son sens par des dérogations.
Le scandale, c’est qu’on pourrait utiliser quelques bonnes remontées récentes pour faire croire que les stocks sont reconstitués, alors que les années 2021, 2022, 2023 et 2024 ont été catastrophiques. Une population ne se reconstruit pas en deux saisons.
Les poissons migrateurs du bassin Garonne-Dordogne sont en réel danger. Ce qu’il faut aujourd’hui, ce n’est pas arranger les chiffres pour justifier le retour des filets. C’est un vrai moratoire, sans dérogations, des données transparentes, et une gestion enfin cohérente.
Sans cela, on ne restaurera pas les migrateurs. On maquillera simplement leur déclin.
En juin 2026, le ministre délégué à l'Industrie a affirmé qu'il n'y avait « aucune raison » que le projet de ferme-usine de saumons Pure Salmon au Verdon-sur-Mer ne se fasse pas, malgré l'avis défavorable exprimé à titre personnel par la ministre de la Transition écologique. Une centaine de députés réclament un moratoire de dix ans sur ces élevages, et 27 ONG jugent le projet démesuré pour l'estuaire de la Gironde.
« Silent Rivers » est un documentaire produit par le Fonds islandais pour la faune sauvage et Reddvillaksen. Il montre comment l'élevage de saumons en cages ouvertes nuit aux populations sauvages, ce que confirment les travaux scientifiques. Le film a été diffusé à la télévision nationale islandaise ; ses promoteurs souhaitent lui assurer la plus large audience possible.
« Ce film « Silent Waters » a été réalisé en collaboration avec le Fonds islandais pour la faune sauvage et Reddvillaksen, dans le but d’encourager sa diffusion. Il vient d’être diffusé sur la principale chaîne de télévision islandaise et est donc désormais accessible au public. On s’attend à ce que le film suscite une vive polémique, car les entreprises Mowi et Salmar, principaux acteurs du secteur en Islande, ont tenté d’empêcher sa diffusion télévisée. « Silent Waters » confirme ce que les scientifiques et nous-mêmes savons depuis de nombreuses années : l’élevage en cages ouvertes décime les saumons sauvages. Cette industrie aquacole n’est pas seulement néfaste pour le saumon norvégien. Partout dans le monde, cette industrie multinationale, avec ses cages ouvertes et polluantes, engendrera des conflits. » ASF (sous-titres en anglais)
Le chef argentin Francis Mallmann fait partie des cuisiniers, de plus en plus nombreux, qui retirent le saumon d'élevage de leur carte. Ils rejoignent la campagne « Hors de la table » lancée en Écosse par l'association WildFish et désormais étendue à d'autres pays.
De plus en plus de chefs rejoignent la campagne « Hors de la table » de WildFish, lancée en Écosse et qui s’est depuis étendue au monde entier, à mesure que de nombreux chefs retirent le saumon d’élevage de leurs menus. Francis Mallmann est un chef, auteur et restaurateur argentin de renommée internationale.
Une étude australo-suédoise relayée par Le Figaro montre que des saumons sauvages exposés à la cocaïne et à son métabolite, dans le lac Vättern en Suède, parcourent près de deux fois plus de distance chaque semaine. Les chercheurs alertent sur la pollution croissante des rivières par les drogues et les médicaments.