Edito 16 : la fin programmée des migrateurs de l’Adour ?

De la Dreal au Cogepomi ou la fin programmée des migrateurs de l’Adour


Infos de la DREAL Nouvelle-Aquitaine du 20/07 aux membres du Cogepomi

« Dans le cadre de la procédure de révision des mesures du PLAGEPOMI, un comité de rédaction a été réuni rassemblant : la DREAL Nouvelle-Aquitaine, la DIRM Sud-Atlantique, l’OFB, l’Agence de l’Eau Adour-Garonne, l’Institution Adour et MIGRADOUR. Le comité a procédé à une sélection de mesures en veillant à ce qu’elles soient conformes aux éléments du bilan validé par le COGEPOMI.

Ainsi, certaines mesures du plan précédent ont pu être conservées, d’autres adaptées en fonction des propositions que vous avez adressés. La recherche de cohérence n’a toutefois pas permis de retenir toutes les propositions.

Il convient également de noter que les éléments législatifs et juridiques qui constituent l’actualité de ces dernières semaines (continuité écologique, pêche) ne sont pas pris en compte à ce stade.
Vous trouverez en pièce jointe le résultat du travail du comité de rédaction afin que vous puissiez l’examiner.

Ce document n’est pas définitif, il constituera la base de délibération d’un prochain COGEPOMI plénier qui se réunira le 7 octobre 2021 selon des modalités qui vous seront précisées plus tard. »

Gilles ADAM

Chargé de mission Poissons Migrateurs

Site de Bordeaux

Service Patrimoine Naturel

DREAL Nouvelle-Aquitaine

Tél. direct : 05 56 93 32 97 – secrétariat : 05 56 93 32 79

Email : gilles.adam@developpement-durable.gouv.fr

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Commentaires :

Dans le document ci-joint, vous serez attentifs aux euphémismes et aux non-dits qui émaillent ce chef d’œuvre de la langue de bois. Cette rhétorique administrative sous le vernis d’expertises en partie dévoyées et tronquées, est la soupe commandée par les représentants de l’Etat. Elle nous est servie en cas de recours contre leur arbitraire, leurs inconséquences et complaisances.

Nous eussions aimé y trouver quelques éléments factuels, générateurs de réponses circonstanciées, financées, planifiées et concrétisées dans le temps du futur PLAGEPOMI. Hélas !

  • Quid du pillage, du braconnage et du trafic des poissons migrateurs par les professionnels en zone maritime et fluviale. Ils sont responsables de la disparition de l’esturgeon, de la quasi disparition de l’alose et de la lamproie et on réduit le saumon à une présence anecdotique. La civelle quant à elle est en surpêche permanente et alimente un trafic mafieux qui cessera quand la manne sera épuisée.

  • Quid des pollutions agricoles et de l’irrigation massive et sans contrôle en période d’étiage. Nous n’avons jamais vu le gave d’Oloron et le Saison aussi bas en période d’étiage. Ce dernier est quasi moribond et appellerait des mesures de préservation d’urgence.

  • Quid des stations d’épuration, défaillantes pour une bonne partie d’entre elles, qui participent avec les intrants agricoles aux pollutions marines de type ligaou mucilage”qui font fuir les poissons et appauvrissent la faune marine.

  • Quid de l’environnement immédiat des Gaves et des projets d’extension ou de création de carrières (Carresse-Cassaber, Bager d’Oloron) au détriment des meilleurs terres agricoles, des zones de frayères à migrateurs de 1er plan et de la sécurité des riverains (voir sur-cavitation carrière et inondation en Allemagne).

Nous sommes confrontés à la décadence de l’Etat de droit. Ses conséquences néfastes sur notre environnement et notre qualité de vie sont perceptibles par chacun d’entre nous. Nous faisons face à une administration pléthorique qui s’interroge sur son utilité, tétanisée quant à son avenir et qui s’interdit toute manifestation d’indépendance par rapport à la doxa officielle.

Seule la justice nous apparait “indépendante” même quand elle est subvertie et bafouée par une coalition des représentants de l’Etat et de la région.

Nous contestons d’ores et déjà la légitimité du futur COGEPOMI dans son fonctionnement et sa composition actuelle.

Nous réfutons par avance ce que seraient les conclusions et propositions d’un PLAGEPOMI faisant l’impasse sur l’impéritie de la gestion de notre patrimoine halieutique.

Nous souhaitons vivement un renouvellement des référents concernant la gestion et la protection des amphihalins. Nous avons besoin de nouvelles personnes dûment qualifiées et indépendantes dans leurs expertises.

Il nous est toujours opposé la complexité des arcanes administratives, agences et comités Théodule aux gouvernances antagonistes, jaloux de leurs prérogatives et de leur prés carrés, pour qui nous sommes les béotiens de service, justifiant leurs existences à l’aune de nos ignorances.

Nous sommes conscient du découragement qui gagne tous ceux qui se désespèrent de la déshérence du bassin de l’Adour, des destructions qui mutilent son environnement, des pillages et exploitations qui le souillent et l’appauvrissent.

Face à des problèmes qui ne présentent pas depuis plusieurs décennies de solutions et pour cause ! nous devons trancher le nœud gordien. Nous le ferons dans le respect du droit et des personnes. Nous utiliserons les médias et les réseaux, la justice et les manifestations de groupe.

Il n’y a rien à attendre d’institutions prétendument représentatives, sauf révolution copernicienne à venir ! On peut toujours rêver !

Alain Rousset promet 2 millions mais à 1 condition …

 

 

 

 

 

 

 

Rappel de circonstance :

Alain Rousset qui a signé l’autorisation de pêche professionnelle dans le port de Bayonne précise que bien qu’il ne soutienne pas la cessation de cette activité, il participera à l’indemnisation des pêcheurs seulement si la Préfète de Région interdit cette pêche … et la Préfète se réfère aux avis de son administration La Dreal et du Cogepomi qui sont, encore aujourd’hui,  loin de prôner l’arrêt définitif de ce pillage des migrateurs aux filets …

Enfumage et pirouette politiques plus limpides que les eaux du port de Bayonne …

Devrons-nous attendre le dernier saumon ?