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L’administration française consulte le public jusqu’au 30 janvier à propos du saumon atlantique qui est en train de disparaître malgré plus de 20 ans de COGEPOMI, PLAGEPOMI , et autre STRANAPOMI.

L’ADRM et Salmo Tierra – Salva Tierra vont honorer l’année internationale du saumon par plusieurs initiatives qu’elles ont préparées conjointement. Nous vous proposons ici un résumé de ce que sera notre contribution à cette consultation, après avoir décortiqué l’histoire du COGEPOMI Adour :

Le problème central de l’échec du COGEPOMI Adour est celui des captures accidentelles en mer, estimées à plusieurs milliers de poissons à partir de rapports d’observations embarquées, et de témoignages de pêcheurs maritimes. Cela représente la moitié du contingent qui devrait normalement se présenter à l’estuaire. Le taux d’échappement final est donc très faible : moins du tiers des géniteurs arriveraient finalement sur leur frayères pas toujours fonctionnelles ou menacées (projet de carrière dans la forêt du BAGER).
Cette hémorragie maritime alimente un marché parallèle si diffus qu’il est impossible d’imaginer qu’il ne soit pas toléré.
L’administration multiplie les initiatives pour camoufler ce scandale : le COGEPOMI est bridé, son fonctionnement est altéré, il a interdiction d’aller voir ce qui se passe en mer, il n’a pas eu accès aux rapports scientifiques cités ci-dessus, certaines de ses compétences ont été usurpées et il ne discute que des sujets consensuels (la pollution, les barrages et les habitats). L’IFREMER a été dépossédé de ses missions d’observations embarquées, et depuis 10 ans, ce sont les pêcheurs qui gèrent eux-mêmes le suivi halieutique un peu comme si le contrôle fiscal était confié au contribuable. Un gros projet d’observation CAPTACT a finalement été ajourné.

Le deuxième problème est celui de l’absence de cible de gestion et de la méconnaissance (alléguée) des limites de conservation. La gestion se fait « à vue », en fonction de ce qui a été pêché et déclaré sans aucun avis scientifique. Il n’y a pas de gestion tout court puisque le COGEPOMI Adour n’a jamais fixé le moindre quota des captures (en tous cas pour les pros), captures que l’on se contente de constater, sans même être capable de publier des séries chronologiques.
L’ADRM rappelle ici les résultats de l’étude CARPOMIBA 2013-2017 sur 732 saumons qui démontrent que les saumons capturés par les estuariens proviennent du gave de Pau , d’Oloron et de la Nive dans les proportions respectives de 20,68 et 11%.
Autrement dit, cette pêche professionnelle prend 30% de ses captures sur deux gaves en situation de réintroduction (PAU) ou d’extrême vulnérabilité (la NIVE alevinée pendant30 ans).

L’état français a déclaré en avril 2017 :

« Les cours d’eau des Pyrénées pourraient appartenir à la catégorie « threatened with loss » ou « menacé d’extinction totale » : « Cours d’eau dans lequel le stock naturel de saumon est menacé et court un risque d’extinction totale si le ou les facteur(s) à l’origine de la menace ne sont pas éliminés ».

En résumé :

Plusieurs milliers de saumons sont prélevés en mer illégalement dans la bande littorale landaise et plusieurs autres milliers sont prélevés par les filets de l’Adour.

Chaque année, environ un millier de pêcheurs sportifs prélèvent environ 300 saumons tandis qu’une quinzaine de professionnels en prélèvent de 5000 à 8000 !

En conséquence, afin de prévenir sa disparition rapide, il convient, en urgence, d’interdire définitivement toute pêche professionnelle ( parce que les saumons mais aussi tous les poissons y sont pillés ) sur une bande littorale de 3 miles et de stopper définitivement sa pêche commerciale en indemnisant les pêcheurs professionnels de l’Adour, dernier fleuve français et l’un des derniers en Europe et au monde, où sévit cette pêche ancestrale, non durable, destructrice de la ressource et du patrimoine commun à tout un territoire.