Les bassines ne sont pas la solution à la crise de l’eau – Bernard Gauvain & SudOuest
Publié le : 19 août 2026

Ce ne sont pas les mots de Bassines Non Merci. Ce sont ceux de Christian Amblard, chercheur au CNRS et spécialiste en hydrobiologie, et de Julie Trottier, hydrologue et chercheuse au CNRS, interrogés par Sud Ouest.
Alors que la FNSEA réclame toujours davantage de retenues et que la nouvelle loi d’urgence agricole entend doubler les volumes de stockage d’eau d’ici 2035, ces chercheurs rappellent une réalité essentielle : on ne résoudra pas la crise de l’eau en construisant toujours plus de bassines.
Elles captent et stockent une ressource qui circule déjà dans un cycle hydrologique dont dépendent les milieux naturels, les nappes, les rivières et les autres usages.
Comme le souligne Julie Trottier : Seulement 6 à 7 % de la superficie agricole française est irriguée, mais 41 % des surfaces irriguées sont consacrées au maïs. Or le maïs atteint son pic de besoins en eau en juillet et août, précisément lorsque la ressource est la plus rare. Et elle poursuit :
« On a construit un système agricole qui nous mène à la pénurie. »
Christian Amblard rappelle que près de 85 % du maïs produit en France est destiné à l’alimentation animale ou à l’exportation.
Alors, à quoi sert-il de continuer à adapter la ressource en eau à un modèle agricole qui contribue lui-même à la pénurie ?
C’est exactement l’inverse de la fuite en avant actuellement défendue par la FNSEA : au lieu d’adapter toujours davantage l’environnement à un modèle agricole à bout de souffle, adaptons notre agriculture aux limites de l’eau et aux milieux.
Mais bien : « Comment faire évoluer notre agriculture pour qu’elle puisse vivre avec l’eau dont nous disposons réellement ? »
Les réponses existent. Elles sont scientifiques, agricoles et écologiques.
L’article de Sud Ouest : https://www.sudouest.fr/…/ressources-en-eau-demandees…