Chers amis,

Ce fut un triste mois de juin 2018.

L’Adour, Le Gave de Pau, le Gave d’Oloron, le Saison et les Nives tout à leurs débordements, avec pour certains des niveaux de crues jamais atteints, ont dévasté, villages, villes et vallées, déjà durement touchés par la pollution, le pillage des ressources naturelles, la désertification et le chômage endémique.

La vallée du Gave d’Oloron est emblématique de cette situation.

On y érige des stèles. Ainsi il en est à l’entrée de Navarrenx, d’un monument figuratif du meilleur effet que l’on pourrait dédier à la mémoire du saumon disparu et sur les hauts de Sauveterre d’un magnifique bâtiment baptisé, « la station », grigri technocratique financé en majeure partie sur fonds européens, ayant pour vocation de répondre au défi de la désindustrialisation de la vallée.

Sur le bas du Gave d’Oloron, le village de Carresse Cassaber au plus fort des inondations a vu la plaine alluviale noyée sous quatre mètres d’eau, très précisément à l’endroit où avec l’aval du Préfet et de ses services et contre l’avis des associations de pêche et de défense de l’environnement, des agriculteurs et du commissaire enquêteur, les établissements Daniel veulent exploiter une gravière sur plusieurs dizaines d’hectares, avec comme projet connexe l’enfouissement de matériaux inertes.

Imaginez la catastrophe à venir !

Pour les pauvres saumons rescapés du pillage infernal mis en œuvre en toute impunité par la pêche professionnelle, tant par les fluviaux dans l’Adour et le port de Bayonne, que par les maritimes au large des côtes de Capbreton, il est apparu comme un obstacle supplémentaire, un embâcle de graviers au pied du barrage de Masseys qui empêche toutes remontées des migrateurs et plus particulièrement celle des saumons et truites de mer.

Les informations mises à notre disposition par des pêcheurs professionnels et des mareyeurs écœurés du pillage pratiqué, font état de prises exceptionnelles tant en aloses qu’en saumons que l’on retrouve souvent rebaptisés sur les étals des poissonniers ; truites de mer.

A Peyrehorade, le kilo d’alose se négociait à 5 euros, celui de « truites de mer » à 10 euros et celui du saumon à 26 euros. Il est fait état au 15 juin 2018, de 20 tonnes et plus d’aloses et de 6 à 8 000 saumons écoulés pour l’essentiel sur les marchés parallèles.

A la criée de St Jean de Luz où sont déclarées les prises de migrateurs qui ne peuvent pas s’écouler sur les autres circuits beaucoup plus rémunérateurs, il y a eu plus de 600 saumons, 2000 aloses et 1800 truites de mer proposés à la vente : spectaculaire, très inquiétant et affligeant !

Ils sont en train de tuer la ressource !

Pour les 1000 et plus pêcheurs sportifs, au moment de la rédaction de cet édito, il y aurait environ trois cents captures dont une bonne partie blessée par les filets et les effets des crues.

Nous rappelons que le Président du Conseil Régional a proposé comme cela avait été fait précédemment et à plusieurs reprises par les Présidents du Conseil départemental, d’indemniser les marins pêcheurs estuariens et fluviaux sur une base très majorée de leurs déclarations de captures. Ils lui ont ri au nez et bien entendu ont refusé cette proposition.

La culture du déni de la réalité et du laisser-faire s’est installée dans notre région.

On y est confronté à une corruption endémique faite à minima de complaisance et de connivence sur fonds d’enjeux économiques considérables, qui signent l’abandon par l’Etat d’une partie non négligeable de ses droits et devoirs régaliens et donc la rupture du pacte de confiance avec les citoyens que nous sommes.

Ce constat nous accable.

Nous avons saisi la justice une quatrième fois, pour une requête en référé contre les préfets des Landes et des Pyrénées Atlantiques, dont l’audience est fixée le 11 juillet 2018 à 10 heures au tribunal administratif, situé au 50, cours Lyautey – 64000 PAU.

Soyez présents avec nous et à nos côtés ce jour-là.

D’autres actions sont à venir.

Nous sollicitons des partenaires au niveau national et international, pour les informer de ce scandale très français qui est de faire la leçon au reste du monde dans des postures avantageuses, alors même que les abus les plus patents en termes de protection de la biodiversité et de respect du droit y compris communautaire restent impunis.

Merci de vos soutiens.